Après 1 500 km, 45 cols et 30 000 m de dénivelé positif, notre verdict sur la Moto Guzzi V85 TT

Moto
Aventure

1 semaine, 3 Everest, 1 Mont-Blanc et la Moto Guzzi V85 TT

Il existe des routes qui ne servent pas vraiment à aller quelque part. Des routes qui se méritent, qui serpentent, qui contournent, qui grimpent, qui plongent, qui vous font perdre le nord et parfois un peu de lucidité. La grande traversée des Pyrénées fait partie de celles-là. De la Méditerranée à l’Atlantique, elle trace un fil de bitume entre deux mers, mais surtout entre deux états d’esprit. On part avec une moto, un itinéraire, quelques affaires et l’idée vaguement romantique de traverser une chaîne de montagnes. On revient avec des images plein la tête, les épaules un peu tassées, les pneus rincés sur les flancs et cette certitude simple : une bonne moto de voyage ne se juge pas sur une fiche technique, mais sur ce qu’il reste de vous après cinq jours à son guidon. Pour cette Transpy AMV Légende, le programme avait tout du crash-test idéal : environ 1 500 km, 45 cols, plus de 30 000 mètres de dénivelé positif, des journées entières à enrouler, relancer, freiner, improviser, regarder trop longtemps le paysage, puis se rappeler qu’une épingle pyrénéenne ne pardonne jamais totalement l’excès de poésie. Au milieu de tout ça, une Moto Guzzi V85 TT. Pas la plus puissante. Pas la plus sophistiquée. Pas la plus démonstrative. Mais peut-être, justement, l’une des plus pertinentes pour ce genre de voyage.

La grande force de ces road trips, c’est l’expérience de l’organisation. Jacques Santenac, son fils Maurin, Abdou et toute l’équipe ne se contentent pas de tracer une ligne sur une carte. Ils savent aller chercher ce que les Pyrénées offrent de plus précieux : les routes secondaires, les passages oubliés, les enchaînements improbables, les cols qui ne font pas forcément la une des guides touristiques mais qui restent longtemps dans les avant-bras.

C’est à l’invitation d’AMV Assurance, qui accompagne chaque année ces grands road trips imaginés pour remettre la route, la moto et l’aventure au centre du jeu, que Guillaume, pour brooap, a eu la chance de prendre le départ de cette Transpy AMV Légende.

Après la Transalpes en 2025, cap cette fois sur les Pyrénées, avec Lionel Beylot à la photo. Cinq étapes pour relier la Méditerranée à l’Atlantique, cinq jours de cols, de vallées, de routes minuscules et de paysages qui rappellent une chose essentielle : la moto n’est jamais aussi vivante que lorsqu’elle nous emmène loin des grands axes.

La Méditerranée dans le dos et les premières sensations au guidon de la V85 TT

Les premiers kilomètres ont toujours une odeur particulière. Celle du départ, du sel, de la chaleur, du sac mal fermé et du cerveau encore branché sur le quotidien. Puis la route s’élève, la Méditerranée glisse dans les rétroviseurs, et les Pyrénées commencent à poser leurs règles.

Sur ces premiers reliefs, la V85 TT ne cherche pas à impressionner. Elle rassure. Sa roue avant de 19 pouces, ses jantes à rayons tubeless et sa position naturelle donnent immédiatement ce sentiment rare : on ne se demande pas comment la moto va réagir, on roule. La monte en 19/17, associée au grand guidon et à la géométrie de trail routier, permet de garder de la précision sans tomber dans la nervosité. Moto Guzzi annonce sur la V85 TT des roues à rayons tubeless en 19 pouces à l’avant et 17 pouces à l’arrière, un vrai bon compromis pour alterner bitume imparfait, raccords, gravillons et longues courbes.

C’est un point important : la V85 TT n’est pas une moto qui vous pousse à rouler au-dessus de vos pompes. Elle installe un rythme. Et sur une traversée comme la Transpy, le rythme compte plus que le chrono.


Les grands cols : le moteur de la V85 TT  tracte plus qu’il ne hurle

Dans les Pyrénées, la route impose une forme d’humilité mécanique. Les lignes droites sont rares, les relances nombreuses, les épingles parfois sales, et le couple devient plus utile que la puissance pure.

Le bicylindre transversal de la V85 TT fait ici une partie du travail. Avec ses 853 cm³, ses deux soupapes par cylindre, son refroidissement par air et sa distribution variable, il ne boxe pas dans la catégorie des maxi-trails bodybuildés. Il annonce 80 ch à 7 750 tr/min et 83 Nm à 5 100 tr/min. Surtout, Moto Guzzi précise que 90 % du couple est disponible dès 3 500 tr/min, ce qui explique très bien cette sensation de moteur qui tracte proprement sans réclamer d’être cravaché.

Dans les cols, c’est exactement ce qu’on veut. Une mécanique qui accepte de reprendre bas, qui ne sanctionne pas le mauvais rapport, qui accompagne les enchaînements plutôt que de les transformer en séance de musculation mentale. Oui, il y a plus puissant. Oui, il y a plus démonstratif. Mais sur 300 km de montagne par jour, le bon moteur n’est pas toujours celui qui vous arrache les bras. C’est celui qui vous laisse encore envie de rouler le lendemain.

Les vallées rapides : le confort de la Moto Guzzi V85 TT à l'essai

Une traversée des Pyrénées n’est pas une succession de cartes postales. Entre deux cols, il y a des vallées, des jonctions, des villages, des traversées moins glorieuses, des portions où l’on roule longtemps, parfois vite, parfois mal installé derrière une bulle d’air chaud.

C’est là que la V85 TT rappelle qu’elle est d’abord une moto de voyage. La selle à 830 mm reste accessible pour un trail, la position est droite, les jambes ne sont pas excessivement repliées et le réservoir de 23 litres donne plus de 400 km d’autonomie annoncée par la marque. Dans les faits, cette autonomie change tout : on ne roule pas avec l’œil rivé sur la jauge, on ne transforme pas chaque village en chasse à la station-service, on laisse la journée se dérouler.

Le confort d’une moto, ce n’est pas seulement une selle moelleuse. C’est l’absence de micro-agressions répétées. Une protection correcte, une position qui ne casse pas le dos, une commande de gaz douce, un moteur qui ne cogne pas sans cesse, un comportement prévisible. La V85 TT n’est pas un canapé. Elle garde un côté mécanique, vivant, presque rustique. Mais elle fatigue peu. Et sur une semaine, c’est une qualité majeure.

Les routes bosselées : les suspensions font le job sans choper la mention très bien

Les Pyrénées ont cette spécialité : vous vendre une route parfaite pendant trois kilomètres, puis vous rappeler brutalement que l’hiver, les racines, les engins agricoles et les rafistolages successifs ont aussi leur mot à dire.

La V85 TT encaisse correctement ce mélange. Sa fourche inversée de 41 mm et son monoamortisseur latéral offrent 170 mm de débattement à l’avant comme à l’arrière, avec réglage de précharge et détente. Ce n’est pas une suspension active de laboratoire, mais un ensemble cohérent, suffisamment confortable pour absorber les défauts, suffisamment tenu pour ne pas se désunir quand le rythme monte.

Ce point est essentiel sur ce type de road trip. Une moto trop ferme devient vite pénible. Une moto trop souple finit par flotter et entamer la confiance. La V85 TT se place entre les deux. Elle vit, elle bouge un peu, elle rappelle qu’on est sur une machine italienne avec du caractère, mais elle ne se désorganise pas.

Et puis il y a cette sensation très Guzzi : le châssis ne cherche pas à gommer toutes les aspérités. On a le sentiment de garder le contôle. On sent la route, parfois à la limite du désagréable, mais ça passe. C’est peut-être là que réside une partie de son charme.

La bascule vers l’Atlantique : freinage, électronique et sérénité

Plus on approche de la fin, plus la fatigue s’installe. Les réflexes sont encore là, mais moins aiguisés. Les paysages deviennent presque trop beaux. On regarde un sommet, une vallée, une lumière, et pendant une demi-seconde on oublie qu’il y a une épingle qui arrive.

Dans ces moments-là, l’électronique et le freinage ne sont pas des arguments de brochure. Ce sont des filets de sécurité.

La V85 TT reçoit un double disque avant de 320 mm avec étriers Brembo quatre pistons, un disque arrière de 260 mm, l’ABS cornering, le contrôle de traction et quatre modes de conduite : Road, Sport, Rain et Off-road. Ce n’est pas une débauche technologique, c’est le bon niveau d’assistance pour une moto de voyage moderne.

Le freinage a assez de mordant pour rouler chargé et descendre fort, sans être brutal. L’ABS sur l’angle et le contrôle de traction ajoutent une marge de sérénité quand la route se salit ou quand la lucidité baisse. Et on l'a testé. Plusieurs fois même. Seul bémole, en mode road, l'ABS est un poil trop prudent et se déclenche de manière un peu intempestive et ça surprend. En descente et sur un rythme soutenu, il faudra préférer le mode sport. 

Et le cruise control, qui semble anecdotique sur une fiche technique, devient une vraie bénédiction sur les bouts de liaison pour se détendre les bras et les épaules. 

Pourquoi la Moto Guzzi V85 TT de 2026 est sans doute l’une de nos motos préférées du moment

Il faut être honnête : la Moto Guzzi V85 TT n’est pas parfaite.

Elle garde un côté rustique. Son moteur vibre, sa transmission par cardan se ressent parfois, son tempérament n’a rien de clinique. Elle ne donne pas cette impression de technologie totale que l’on retrouve sur certains gros trails modernes. Elle ne cherche pas non plus à écraser la concurrence avec des chiffres de puissance ou des suspensions semi-actives pilotées par une intelligence embarquée qui a probablement fait Polytechnique.

Et c’est peut-être pour ça qu’on l’aime autant.

La V85 TT a quelque chose que beaucoup de motos très performantes ont perdu : une identité immédiatement perceptible. On sait sur quoi on roule. On sent le bicylindre transversal, le cardan, le balancement mécanique, cette façon particulière de vivre à chaque remise de gaz. Elle n’est pas neutre, elle n’est pas lisse, elle n’est pas interchangeable.

Mais derrière ce charme un peu old school, la base est beaucoup plus sérieuse qu’elle n’en a l’air. Moteur Euro 5+, distribution variable, ride-by-wire, modes de conduite, ABS cornering, traction control, grand TFT, réservoir de 23 litres, jantes tubeless, vrai confort au long cours. Ce n’est pas une ancienne déguisée en moderne. C’est une moderne qui a réussi à ne pas renier ce qui faisait le goût des anciennes.

Sur la Transpy, elle n’a jamais donné l’impression d’être en représentation. Elle a simplement fait le job. Le matin dans le frais. L’après-midi dans la chaleur. Sur les routes propres. Sur les raccords douteux. Dans les cols. Dans les vallées. Avec une facilité qui n’a rien de spectaculaire, mais qui finit par devenir profondément attachante.

C’est peut-être ça, au fond, une bonne moto de voyage : une moto qu’on oublie suffisamment pour regarder le monde, mais qu’il faut quand même chevaucher histoire de se rappeler pourquoi on a un jour passer le permis gros cube. 

Verdict. La Moto Guzzi V85 TT est-elle un trail qu'on peut conseiller ?

Après 1 500 km, 45 cols et plus de 30 000 m de dénivelé positif, la Moto Guzzi V85 TT confirme qu’elle n’est pas seulement une belle gueule néo-rétro posée sur une fiche technique raisonnable.

C’est une vraie moto de route, de montagne et de voyage. Une moto pour celles et ceux qui préfèrent le rythme à la vitesse, le caractère à la perfection clinique, l’endurance à la démonstration.

La Transpy AMV Légende et la V85 TT ont finalement été pensées avec le même objectif : ne pas seulement vous emmener d’un point A à un point B, mais vous donner envie d’y retourner.

Et quand une route comme une moto vous laisse cette idée en tête, c’est souvent que le voyage a réussi.


Guillaume de @brooap

Merci à SHOEI FRANCE pour le prêt du casque Neotec 3 Fragments TC-10 à Rev'iIt pour l'équipement et bien sur à AMV Assurance ainsi que Classic Raid organisation pour l'invitation au voyage? 

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1 semaine, 3 Everest, 1 Mont-Blanc et la Moto Guzzi V85 TT

Il existe des routes qui ne servent pas vraiment à aller quelque part. Des routes qui se méritent, qui serpentent, qui contournent, qui grimpent, qui plongent, qui vous font perdre le nord et parfois un peu de lucidité. La grande traversée des Pyrénées fait partie de celles-là. De la Méditerranée à l’Atlantique, elle trace un fil de bitume entre deux mers, mais surtout entre deux états d’esprit. On part avec une moto, un itinéraire, quelques affaires et l’idée vaguement romantique de traverser une chaîne de montagnes. On revient avec des images plein la tête, les épaules un peu tassées, les pneus rincés sur les flancs et cette certitude simple : une bonne moto de voyage ne se juge pas sur une fiche technique, mais sur ce qu’il reste de vous après cinq jours à son guidon. Pour cette Transpy AMV Légende, le programme avait tout du crash-test idéal : environ 1 500 km, 45 cols, plus de 30 000 mètres de dénivelé positif, des journées entières à enrouler, relancer, freiner, improviser, regarder trop longtemps le paysage, puis se rappeler qu’une épingle pyrénéenne ne pardonne jamais totalement l’excès de poésie. Au milieu de tout ça, une Moto Guzzi V85 TT. Pas la plus puissante. Pas la plus sophistiquée. Pas la plus démonstrative. Mais peut-être, justement, l’une des plus pertinentes pour ce genre de voyage.

La grande force de ces road trips, c’est l’expérience de l’organisation. Jacques Santenac, son fils Maurin, Abdou et toute l’équipe ne se contentent pas de tracer une ligne sur une carte. Ils savent aller chercher ce que les Pyrénées offrent de plus précieux : les routes secondaires, les passages oubliés, les enchaînements improbables, les cols qui ne font pas forcément la une des guides touristiques mais qui restent longtemps dans les avant-bras.

C’est à l’invitation d’AMV Assurance, qui accompagne chaque année ces grands road trips imaginés pour remettre la route, la moto et l’aventure au centre du jeu, que Guillaume, pour brooap, a eu la chance de prendre le départ de cette Transpy AMV Légende.

Après la Transalpes en 2025, cap cette fois sur les Pyrénées, avec Lionel Beylot à la photo. Cinq étapes pour relier la Méditerranée à l’Atlantique, cinq jours de cols, de vallées, de routes minuscules et de paysages qui rappellent une chose essentielle : la moto n’est jamais aussi vivante que lorsqu’elle nous emmène loin des grands axes.

La Méditerranée dans le dos et les premières sensations au guidon de la V85 TT

Les premiers kilomètres ont toujours une odeur particulière. Celle du départ, du sel, de la chaleur, du sac mal fermé et du cerveau encore branché sur le quotidien. Puis la route s’élève, la Méditerranée glisse dans les rétroviseurs, et les Pyrénées commencent à poser leurs règles.

Sur ces premiers reliefs, la V85 TT ne cherche pas à impressionner. Elle rassure. Sa roue avant de 19 pouces, ses jantes à rayons tubeless et sa position naturelle donnent immédiatement ce sentiment rare : on ne se demande pas comment la moto va réagir, on roule. La monte en 19/17, associée au grand guidon et à la géométrie de trail routier, permet de garder de la précision sans tomber dans la nervosité. Moto Guzzi annonce sur la V85 TT des roues à rayons tubeless en 19 pouces à l’avant et 17 pouces à l’arrière, un vrai bon compromis pour alterner bitume imparfait, raccords, gravillons et longues courbes.

C’est un point important : la V85 TT n’est pas une moto qui vous pousse à rouler au-dessus de vos pompes. Elle installe un rythme. Et sur une traversée comme la Transpy, le rythme compte plus que le chrono.


Les grands cols : le moteur de la V85 TT  tracte plus qu’il ne hurle

Dans les Pyrénées, la route impose une forme d’humilité mécanique. Les lignes droites sont rares, les relances nombreuses, les épingles parfois sales, et le couple devient plus utile que la puissance pure.

Le bicylindre transversal de la V85 TT fait ici une partie du travail. Avec ses 853 cm³, ses deux soupapes par cylindre, son refroidissement par air et sa distribution variable, il ne boxe pas dans la catégorie des maxi-trails bodybuildés. Il annonce 80 ch à 7 750 tr/min et 83 Nm à 5 100 tr/min. Surtout, Moto Guzzi précise que 90 % du couple est disponible dès 3 500 tr/min, ce qui explique très bien cette sensation de moteur qui tracte proprement sans réclamer d’être cravaché.

Dans les cols, c’est exactement ce qu’on veut. Une mécanique qui accepte de reprendre bas, qui ne sanctionne pas le mauvais rapport, qui accompagne les enchaînements plutôt que de les transformer en séance de musculation mentale. Oui, il y a plus puissant. Oui, il y a plus démonstratif. Mais sur 300 km de montagne par jour, le bon moteur n’est pas toujours celui qui vous arrache les bras. C’est celui qui vous laisse encore envie de rouler le lendemain.

Les vallées rapides : le confort de la Moto Guzzi V85 TT à l'essai

Une traversée des Pyrénées n’est pas une succession de cartes postales. Entre deux cols, il y a des vallées, des jonctions, des villages, des traversées moins glorieuses, des portions où l’on roule longtemps, parfois vite, parfois mal installé derrière une bulle d’air chaud.

C’est là que la V85 TT rappelle qu’elle est d’abord une moto de voyage. La selle à 830 mm reste accessible pour un trail, la position est droite, les jambes ne sont pas excessivement repliées et le réservoir de 23 litres donne plus de 400 km d’autonomie annoncée par la marque. Dans les faits, cette autonomie change tout : on ne roule pas avec l’œil rivé sur la jauge, on ne transforme pas chaque village en chasse à la station-service, on laisse la journée se dérouler.

Le confort d’une moto, ce n’est pas seulement une selle moelleuse. C’est l’absence de micro-agressions répétées. Une protection correcte, une position qui ne casse pas le dos, une commande de gaz douce, un moteur qui ne cogne pas sans cesse, un comportement prévisible. La V85 TT n’est pas un canapé. Elle garde un côté mécanique, vivant, presque rustique. Mais elle fatigue peu. Et sur une semaine, c’est une qualité majeure.

Les routes bosselées : les suspensions font le job sans choper la mention très bien

Les Pyrénées ont cette spécialité : vous vendre une route parfaite pendant trois kilomètres, puis vous rappeler brutalement que l’hiver, les racines, les engins agricoles et les rafistolages successifs ont aussi leur mot à dire.

La V85 TT encaisse correctement ce mélange. Sa fourche inversée de 41 mm et son monoamortisseur latéral offrent 170 mm de débattement à l’avant comme à l’arrière, avec réglage de précharge et détente. Ce n’est pas une suspension active de laboratoire, mais un ensemble cohérent, suffisamment confortable pour absorber les défauts, suffisamment tenu pour ne pas se désunir quand le rythme monte.

Ce point est essentiel sur ce type de road trip. Une moto trop ferme devient vite pénible. Une moto trop souple finit par flotter et entamer la confiance. La V85 TT se place entre les deux. Elle vit, elle bouge un peu, elle rappelle qu’on est sur une machine italienne avec du caractère, mais elle ne se désorganise pas.

Et puis il y a cette sensation très Guzzi : le châssis ne cherche pas à gommer toutes les aspérités. On a le sentiment de garder le contôle. On sent la route, parfois à la limite du désagréable, mais ça passe. C’est peut-être là que réside une partie de son charme.

La bascule vers l’Atlantique : freinage, électronique et sérénité

Plus on approche de la fin, plus la fatigue s’installe. Les réflexes sont encore là, mais moins aiguisés. Les paysages deviennent presque trop beaux. On regarde un sommet, une vallée, une lumière, et pendant une demi-seconde on oublie qu’il y a une épingle qui arrive.

Dans ces moments-là, l’électronique et le freinage ne sont pas des arguments de brochure. Ce sont des filets de sécurité.

La V85 TT reçoit un double disque avant de 320 mm avec étriers Brembo quatre pistons, un disque arrière de 260 mm, l’ABS cornering, le contrôle de traction et quatre modes de conduite : Road, Sport, Rain et Off-road. Ce n’est pas une débauche technologique, c’est le bon niveau d’assistance pour une moto de voyage moderne.

Le freinage a assez de mordant pour rouler chargé et descendre fort, sans être brutal. L’ABS sur l’angle et le contrôle de traction ajoutent une marge de sérénité quand la route se salit ou quand la lucidité baisse. Et on l'a testé. Plusieurs fois même. Seul bémole, en mode road, l'ABS est un poil trop prudent et se déclenche de manière un peu intempestive et ça surprend. En descente et sur un rythme soutenu, il faudra préférer le mode sport. 

Et le cruise control, qui semble anecdotique sur une fiche technique, devient une vraie bénédiction sur les bouts de liaison pour se détendre les bras et les épaules. 

Verdict. La Moto Guzzi V85 TT est-elle un trail qu'on peut conseiller ?

Après 1 500 km, 45 cols et plus de 30 000 m de dénivelé positif, la Moto Guzzi V85 TT confirme qu’elle n’est pas seulement une belle gueule néo-rétro posée sur une fiche technique raisonnable.

C’est une vraie moto de route, de montagne et de voyage. Une moto pour celles et ceux qui préfèrent le rythme à la vitesse, le caractère à la perfection clinique, l’endurance à la démonstration.

La Transpy AMV Légende et la V85 TT ont finalement été pensées avec le même objectif : ne pas seulement vous emmener d’un point A à un point B, mais vous donner envie d’y retourner.

Et quand une route comme une moto vous laisse cette idée en tête, c’est souvent que le voyage a réussi.


Guillaume de @brooap

Merci à SHOEI FRANCE pour le prêt du casque Neotec 3 Fragments TC-10 à Rev'iIt pour l'équipement et bien sur à AMV Assurance ainsi que Classic Raid organisation pour l'invitation au voyage? 

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