Cette brèle ne surfe plus vraiment sur la vague du neo-retro mais participe, au contraire, à ringardiser encore un peu plus cette tendance so 2010.
Le charme du passé, bien ancré dans le présent
Lors de la présentation, Kawa nous rappelle la cible type de la Z900RS : un pilote entre 35 et 55 ans, qui aime autant cruiser tranquillement que rouler de manière plus dynamique. Quelqu’un sensible au mélange entre look vintage et technologies modernes, et à la recherche d’une moto avec du caractère, une histoire, une vraie identité.
Je ne sais pas vous, mais chez Brooap, on s’est sentis directement visés.
La Z900RS, on la connaissait déjà un peu : on avait déjà eu l’occasion de passer une semaine complète à son guidon début avril.
On nous avait alors confié la version SE : une déclinaison plus haut de gamme, équipée notamment d’un amortisseur Öhlins, d’un réglage de fourche spécifique, d’un freinage amélioré, ou encore d’une prise USB-C.
Pour cette journée de roulage, deux autres versions étaient mises à disposition : la version “standard”, proposée dans un beau coloris aubergine, affichée à partir de 13 299 €, et la version “Black Ball”, qui joue la carte du full noir (chaîne, phare, guidon), avec quelques finitions spécifiques, disponible à partir de 13 499 €.
De son côté, la version SE débute à 14 899 €.
Le café englouti, il est temps de monter sur la b(r)elle. Direction Honfleur donc, avec un itinéraire varié : remontée des boucles de Seine, petites routes départementales et nationales, et quelques portions d’autoroute qui nous permettront de tester le régulateur de vitesse, désormais de série.
RS pour “Rétro Sport”. Et pas que dans le nom.
Et pour une fois, ce n’est pas juste un nom bien trouvé.
Pour la partie rétro, la Z900RS reprend clairement les lignes de la Kawasaki 900 Z1, sortie en 1973. Un modèle emblématique, puisqu’il s’agissait du premier quatre cylindres quatre temps de Kawasaki, après une période marquée par les moteurs deux temps.
Le rappel esthétique est évident et surtout très réussi. On a clairement devant les yeux une néo-rétro particulièrement aboutie.
Et pour la partie “Sport”, sous ses lignes classiques, on retrouve une base bien connue : celle de la Kawasaki Z900.
Le moteur est le même 4 cylindres en ligne de 948 cm³, mais retravaillé pour correspondre à l’esprit de la moto. On garde ce qui fait le charme de la Z900 : un moteur vivant, agréable et plein, avec une réponse plus douce, plus linéaire, et un couple mieux exploitable au quotidien.
Et quelque part, c’est logique : si la Z900 est déjà une moto très sympa à rouler, cette version RS l’est forcément tout autant… avec une approche différente, plus posée, mais tout aussi plaisante.
Pour 2026, Kawasaki modernise encore un peu plus sa recette, avec l’arrivée de nouveaux équipements : régulateur de vitesse, shifter up & down, centrale inertielle, ou encore connectivité smartphone. De quoi renforcer le côté moderne sans dénaturer l’esprit de la machine.
Une fois au guidon, la position est très naturelle, on se sent immédiatement à l’aise. Le shifter up & down est particulièrement efficace, et participe vraiment au plaisir de conduite.
Et avec ses 116 chevaux, ça marche fort !
Pas besoin d’aller le chercher haut dans les tours pour se faire plaisir : ça pousse, ça reprend, ça vit. Mais avec une puissance max autour de 9 500 tr/min, le kiff est aussi dans cette zone, à condition de garder un œil sur le compteur… (ou sur ton Waze).
Et puis il y a la sonorité : surprenante, dans le bon sens du terme, pour une moto stock de 2026. Le 4 cylindres chante juste, avec ce qu’il faut de présence sans jamais devenir envahissant.
Honnêtement, difficile de ressentir le besoin de modifier l’échappement tant l’ensemble est déjà réussi.
Peut-être bien la moto des mecs énervants qui ont toujours raison.
Côté partie-cycle, rien à signaler : c’est un rail. Mais en passant de la SE aux versions “standard”, le constat est assez clair : quand on goûte à la fourche préparée et à l’amortisseur Öhlins, difficile de s’en passer. C’est plus précis, plus posé, plus rigoureux.
Pour autant, les versions de base sont loin d’être à la traîne. Elles restent tout à fait saines et agréables à emmener, mais la SE apporte ce petit supplément de lecture et de précision quand le rythme augmente.
Avec ses 216 kg tous pleins faits, elle reste bien équilibrée, et jamais piégeuse. Son réservoir de 17 litres permet de dépasser les 230 km d’autonomie, avec une consommation qui tourne autour de 5 à 6 L/100 km selon le rythme.
Arrivés à Honfleur, et après un petit tour en ville, un autre point se confirme : la facilité de la Z900RS en environnement urbain.
Malgré son gabarit et son moteur généreux, la moto reste naturelle à basse vitesse, souple et facile, même dans les petites rues pavées bondées de touristes. Une belle démonstration de la polyvalence d’une moto capable d’aligner les kilomètres sur route tout en restant agréable en ville.
Après une pause déjeuner dans le charmant bistrot La Boucane, le retour se fera en autonomie : l’occasion aussi de passer par les anciennes usines Singer à Bonnières-sur-Seine, un spot idéal pour immortaliser la Z900RS dans un décor brut et industriel.
La moto est finalement rendue au siège Kawasaki avec un constat assez parlant : malgré les quasi 500 kilomètres parcourus sur la journée, la fatigue reste très mesurée. Un bon indicateur du confort général et de la facilité de cette Z900RS sur longue distance.
Le mieux est sans doute d'aller mettre ton postérieur dessus
Si tu pensais que les japonaises manquaient de charme, que les moteurs 4 cylindres pouvaient être un peu trop lisses, ou encore qu’une Kawasaki devait forcément être verte…
Alors il est temps de revoir tout ça.
La Z900RS met un vrai coup de vieux à ces idées reçues.
La moto prouve qu’on peut allier caractère, plaisir et modernité sans renier son héritage.
Elle a le look pour attirer le regard, la fiabilité et la facilité d’une japonaise moderne pour rassurer au quotidien, et suffisamment de coffre pour rappeler qu’elle n’est pas là uniquement pour poser devant un café.
Au fond, la Z900RS est peut-être l’une des meilleures façons de rouler rétro aujourd’hui, sans subir les contraintes d’une ancienne.
Un point non négligeable : elle est également compatible A2, ce qui élargit clairement son public.
Un conseil : va l’essayer.
Et viens nous en dire des nouvelles.
Fab'
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& Guillaume @brooap