Aprilia Tuono 457 : mais que reste-t-il aux grosses ?

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Mais que reste-t-il aux grosses ?

Il y a des moments dans l’industrie où les “petites” changent la donne. Quand Renault lançait sa révolution compacte à la fin des années 90 avec la Renault Clio II, la question était presque insolente : que restait-il aux grandes berlines ? Aujourd’hui, sur deux roues, la question mérite d’être reposée.

La Aprilia Tuono 457 n’est pas née par hasard. Elle repose sur la plateforme inaugurée par la Aprilia RS 457, un projet stratégique pour Aprilia et le groupe Piaggio Group.

Un roadster Aprilia pensé pour les nouveaux permis ?

Objectifs de l'Aprila Tuono 457 à l'origine ? 

  • Rationaliser les coûts de production
  • S’implanter fortement sur le segment A2
  • Offrir un véritable marchepied vers l’univers Aprilia

Mais attention, marchepied ne veut pas dire sous-produit. Oooooh que non. Matez moi cette liste de série :

Cadre aluminium, ride-by-wire, contrôle de traction, TFT couleur, 47,6 chevaux parfaitement calibrés A2…
Sur le papier, ce n’est pas une “entrée de gamme”. C’est une vraie Aprilia à puissance contenue.

Et ça change tout.

Ce que dit la technique, sans poésie

La Tuono 457 reprend le bicylindre parallèle de 457 cc à calage 270°, une architecture qui permet de retrouver une pulsation proche d’un V-twin tout en conservant compacité et coûts maîtrisés. La puissance maximale de 47,6 ch arrive à 9 400 tr/min, avec un couple d’environ 43,5 Nm vers 6 700 tr/min.

La presse spécialisée insiste sur la linéarité de la courbe : pas d’explosion tardive, mais une poussée progressive et exploitable. Le ride-by-wire autorise plusieurs modes moteur et un contrôle de traction réglable, rare à ce niveau de cylindrée.

Autre point salué par des médias comme MCN ou Moto Journal : le cadre aluminium double poutre. Dans un segment dominé par l’acier, Aprilia conserve ici un ADN sportif. Résultat, un train avant précis, une moto qui accepte volontiers d’être placée sur l’angle et un comportement plus rigoureux que la moyenne des 400-500 cc du marché.

La fourche inversée de 41 mm et le bras oscillant asymétrique participent à cette sensation de rigidité maîtrisée. Le freinage, confié à un disque avant de 320 mm avec étrier radial ByBre, est jugé suffisant et progressif.

Avec environ 159 kg à sec, la Tuono 457 se place parmi les plus légères de sa catégorie. Et c’est ce rapport poids/puissance, plus que la puissance brute, qui explique la sensation de vivacité relevée par plusieurs essayeurs internationaux.

De la Méditerranée aux falaises

Pour comprendre cette moto, il faut la rouler.

Départ chez Laurent Lachkar à Cannes.
Cap vers le Var par le massif de l’Esterel, odeur de pin chauffé et asphalte granuleux.
Puis retour par le lac de Saint-Cassien, ruban fluide, courbes ouvertes.

Ensuite, montée vers Grasse, direction le plateau de Caussols et l’Observatoire de la Côte d’Azur, sur le site de Calern. Là-haut, l’air change. La lumière aussi.

Puis la bascule.

Descente par les Gorges du Loup.
Falaises minérales, enchaînements rapides, portions plus serrées en fond de gorge.
La moto ne change pas de ton. Elle s’adapte. Elle enroule. Elle rassure.

Retour vers le littoral.
Cap d’Antibes.
Les Vespérales.
Puis Mandelieu.
Boucle refermée chez Laurent Lachkar.

Et sur tout ce tracé, du niveau mer aux plateaux calcaires, elle ne s’est jamais sentie hors contexte.

La piste bleue après la noire

Il y a une image qui m’est venue en roulant.

Piloter cette Tuono 457, c’est comme quitter une piste noire glacée et engagée pour arriver sur une belle piste bleue parfaitement damée.

D’un coup, tout devient facile.
Fluide.
Naturel.

On se sent presque surdoué.

En perdant 40 chevaux et 40 kilos par rapport à une grosse cylindrée, on ne perd pas du plaisir.
On perd du stress.

On retrouve le travail des trajectoires.
Le placement propre.
Le plaisir d’attaquer un virage sereinement.

Non pas parce que le moteur manque de caractère.
Bien au contraire.

Le twin 457 est présent sur tous les rapports.
Il ne cogne pas.
Il ne surprend pas.
Il ne déclenche pas le syndrome Docteur Jekyll / Mister Hyde dès qu’on va chercher la zone rouge.

Et cette absence de coup de pied au cul brutal… c’est reposant.

La Tuono 457 est une moto pour adultes lucides

On est en 2026 et on ne va pas se le cacher, il y a une catégorie de motards qui ne mord plus à l’hameçon du “on dit que c'est dernier qui freine a gagné”.

Toute cette cible (jeunes ou pas d'ailleurs) pour qui le Joe Bar Team n'est qu'une collection de BD plus qu'une philosophie de roulage veulent :

  • Se mettre moins en danger
  • Rouler en ville et en extra-urbain intelligemment
  • Penser à leur portefeuille
  • Retrouver confiance après une longue pause

Cette moto est faite pour eux. Le papa ou la maman, qui se remet à la Moto maintenant que les enfants sont grands, le jeune permis qui ne veut pas rouler avec une moto de moto écoles, ou bien celui qui ne veut pas aller au taff en burgman 125 et qui aime bien aller chercher le pain en moto le week-end en faisant un peu détour de 150km. 

Elle met en confiance.
Elle permet de retrouver de la confiance.

Et elle est instructive.
Parce qu’elle permet derouler propre.

Et en cela, cette Tuono trouve un équilibre assez rare.

Les petits défauts, parce qu’il en faut

Si on doit lui chercher des poux dans les pneus :

  • Monte d’origine perfectible
  • Suspensions un peu fermes
  • Fourche avant sèche sur routes cabossées

Sur revêtement dégradé, les épaules travaillent.
Mais rien qui déséquilibre la moto ni ne casse la sensation de contrôle....ni n'oblige à un passage chez l'ostéo à chaque sortie.

Et le gabarit ?

Visuellement, elle ne cherche pas à se faire passer pour une 1000.

Pas de carénage hypertrophié.
Pas d’artifice.

Le gabarit est contenu.
Compact.

Ça ne plaira peut-être pas aux grands gabarits à trois chiffres sur la balance.

Mais on est très loin d’une 125.

Pour te donner un repère :
1,75 m, 68 kg, tout plein fait.

Les pieds à plat.
Genoux légèrement fléchis.
Un vrai sentiment de contrôle.

Et pour les petits gabarits, c’est un bonheur.

Alors, que reste-t-il aux grosses ?

Faut-il rester gentiment sur une Tuono 457 all life long. On n'a pas dit ça non plus hein. 

Les grosses, elles garderont la brutalité.
La démesure. Le kiff et le frisson (si possible sur circuit). 

Mais en termes de plaisir exploitable ?
De confiance ?
De cohérence ?

Ce qu'on appelle les mid-sizes ont un sacré avenir! C'est bien pour ça que ces moteurs 400cm3 ou 500cm3 étaient les stars de l'EICMA en 2025. Et puis bon...il y a le prix. Moins de 7.000 euros pour une moteur bien née et bien équipée, c'est un peu au dessus de la concurrence de quelques centaines d'euros, mais il faut l'essayer pour savoir si oui ou non ça vaut le coup...et le coût. 

En tous cas, la Tuono 457 participe sans doute à cette dynamique qui consiste à décomplexer celles ou ceux qui préfèrent rouler sur des moyennes cylindrées et c’est peut-être ça, la vraie révolution.

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https://www.brooap.fr/articles/essai-aprilia-tuono-457-avis-roadster-a2-2025

Mais que reste-t-il aux grosses ?

Il y a des moments dans l’industrie où les “petites” changent la donne. Quand Renault lançait sa révolution compacte à la fin des années 90 avec la Renault Clio II, la question était presque insolente : que restait-il aux grandes berlines ? Aujourd’hui, sur deux roues, la question mérite d’être reposée.

La Aprilia Tuono 457 n’est pas née par hasard. Elle repose sur la plateforme inaugurée par la Aprilia RS 457, un projet stratégique pour Aprilia et le groupe Piaggio Group.

Un roadster Aprilia pensé pour les nouveaux permis ?

Objectifs de l'Aprila Tuono 457 à l'origine ? 

  • Rationaliser les coûts de production
  • S’implanter fortement sur le segment A2
  • Offrir un véritable marchepied vers l’univers Aprilia

Mais attention, marchepied ne veut pas dire sous-produit. Oooooh que non. Matez moi cette liste de série :

Cadre aluminium, ride-by-wire, contrôle de traction, TFT couleur, 47,6 chevaux parfaitement calibrés A2…
Sur le papier, ce n’est pas une “entrée de gamme”. C’est une vraie Aprilia à puissance contenue.

Et ça change tout.

Ce que dit la technique, sans poésie

La Tuono 457 reprend le bicylindre parallèle de 457 cc à calage 270°, une architecture qui permet de retrouver une pulsation proche d’un V-twin tout en conservant compacité et coûts maîtrisés. La puissance maximale de 47,6 ch arrive à 9 400 tr/min, avec un couple d’environ 43,5 Nm vers 6 700 tr/min.

La presse spécialisée insiste sur la linéarité de la courbe : pas d’explosion tardive, mais une poussée progressive et exploitable. Le ride-by-wire autorise plusieurs modes moteur et un contrôle de traction réglable, rare à ce niveau de cylindrée.

Autre point salué par des médias comme MCN ou Moto Journal : le cadre aluminium double poutre. Dans un segment dominé par l’acier, Aprilia conserve ici un ADN sportif. Résultat, un train avant précis, une moto qui accepte volontiers d’être placée sur l’angle et un comportement plus rigoureux que la moyenne des 400-500 cc du marché.

La fourche inversée de 41 mm et le bras oscillant asymétrique participent à cette sensation de rigidité maîtrisée. Le freinage, confié à un disque avant de 320 mm avec étrier radial ByBre, est jugé suffisant et progressif.

Avec environ 159 kg à sec, la Tuono 457 se place parmi les plus légères de sa catégorie. Et c’est ce rapport poids/puissance, plus que la puissance brute, qui explique la sensation de vivacité relevée par plusieurs essayeurs internationaux.

De la Méditerranée aux falaises

Pour comprendre cette moto, il faut la rouler.

Départ chez Laurent Lachkar à Cannes.
Cap vers le Var par le massif de l’Esterel, odeur de pin chauffé et asphalte granuleux.
Puis retour par le lac de Saint-Cassien, ruban fluide, courbes ouvertes.

Ensuite, montée vers Grasse, direction le plateau de Caussols et l’Observatoire de la Côte d’Azur, sur le site de Calern. Là-haut, l’air change. La lumière aussi.

Puis la bascule.

Descente par les Gorges du Loup.
Falaises minérales, enchaînements rapides, portions plus serrées en fond de gorge.
La moto ne change pas de ton. Elle s’adapte. Elle enroule. Elle rassure.

Retour vers le littoral.
Cap d’Antibes.
Les Vespérales.
Puis Mandelieu.
Boucle refermée chez Laurent Lachkar.

Et sur tout ce tracé, du niveau mer aux plateaux calcaires, elle ne s’est jamais sentie hors contexte.

La piste bleue après la noire

Il y a une image qui m’est venue en roulant.

Piloter cette Tuono 457, c’est comme quitter une piste noire glacée et engagée pour arriver sur une belle piste bleue parfaitement damée.

D’un coup, tout devient facile.
Fluide.
Naturel.

On se sent presque surdoué.

En perdant 40 chevaux et 40 kilos par rapport à une grosse cylindrée, on ne perd pas du plaisir.
On perd du stress.

On retrouve le travail des trajectoires.
Le placement propre.
Le plaisir d’attaquer un virage sereinement.

Non pas parce que le moteur manque de caractère.
Bien au contraire.

Le twin 457 est présent sur tous les rapports.
Il ne cogne pas.
Il ne surprend pas.
Il ne déclenche pas le syndrome Docteur Jekyll / Mister Hyde dès qu’on va chercher la zone rouge.

Et cette absence de coup de pied au cul brutal… c’est reposant.

Alors, que reste-t-il aux grosses ?

Faut-il rester gentiment sur une Tuono 457 all life long. On n'a pas dit ça non plus hein. 

Les grosses, elles garderont la brutalité.
La démesure. Le kiff et le frisson (si possible sur circuit). 

Mais en termes de plaisir exploitable ?
De confiance ?
De cohérence ?

Ce qu'on appelle les mid-sizes ont un sacré avenir! C'est bien pour ça que ces moteurs 400cm3 ou 500cm3 étaient les stars de l'EICMA en 2025. Et puis bon...il y a le prix. Moins de 7.000 euros pour une moteur bien née et bien équipée, c'est un peu au dessus de la concurrence de quelques centaines d'euros, mais il faut l'essayer pour savoir si oui ou non ça vaut le coup...et le coût. 

En tous cas, la Tuono 457 participe sans doute à cette dynamique qui consiste à décomplexer celles ou ceux qui préfèrent rouler sur des moyennes cylindrées et c’est peut-être ça, la vraie révolution.

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