Le record de vitesse de Coluche à Nardò et la Honda de sa disparition font partie de l’histoire. Cette Messerschmitt KR200 appartient à une autre catégorie : celle des objets roulants tellement absurdes qu’ils deviennent immédiatement attachants.

Le 19 juin 1986, la France perdait Coluche dans un accident de moto sur une route des Alpes-Maritimes. Depuis, tout ou presque a été raconté. La Honda de l’accident. Le record du monde établi à plus de 252 km/h sur l’anneau de Nardò. Les Harley, les américaines et sa passion bien connue pour les mécaniques à deux ou quatre roues. Mais parfois, ce ne sont pas uniquement les véhicules que l’on possède qui racontent le mieux un homme. Ce sont aussi ceux qui nous attirent. Parce qu’au fond, dis-moi ce que tu pilotes et je te dirai qui tu es. Parmi toutes les machines que Coluche a conduites au cours de sa vie, l’une d’entre elles résume peut-être mieux son caractère que n’importe quelle moto de record ou limousine américaine. Une minuscule Messerschmitt KR200, essayée pour le magazine Nitro en 1983, un engin aussi improbable que fascinant.

Dis-moi ce qu’il y a dans ton garage et je te dirai souvent qui tu es. Mais parfois, les véhicules qui nous attirent racontent encore davantage. Dans le cas de Coluche, une micro-voiture allemande à trois roues en dit presque autant sur son goût de la liberté que sa Yamaha de record.

Le record de vitesse de Coluche à Nardò et la Honda de sa disparition font partie de l’histoire. Cette Messerschmitt KR200 appartient à une autre catégorie : celle des objets roulants tellement absurdes qu’ils deviennent immédiatement attachants.
Une voiture née des ruines de l’Allemagne
Lorsque Coluche prend le volant d’une Messerschmitt KR200 pour un essai publié dans Nitro en avril 1983, la voiture a déjà près de trente ans. Pourtant, aujourd’hui encore, elle semble sortie d’un futur imaginé dans les années 1950.
L’histoire commence dans une Allemagne en reconstruction. Après la Seconde Guerre mondiale, le pays manque de tout : matières premières, carburant et moyens de transport abordables. Dans ce contexte, l’idée d’une voiture légère, économique et simple à produire prend tout son sens.
Fritz Fend, l’ingénieur qui pensait autrement
À l’origine du projet se trouve Fritz Fend, un ingénieur allemand qui travaille d’abord sur des véhicules destinés aux blessés de guerre. Son objectif est simple : créer des moyens de transport peu coûteux capables de protéger leurs occupants des intempéries tout en restant accessibles au plus grand nombre.
Son projet attire rapidement l’attention de Messerschmitt, le célèbre constructeur aéronautique allemand. À cette époque, l’entreprise n’a plus le droit de produire des avions et cherche de nouvelles activités industrielles. La rencontre entre Fend et Messerschmitt donnera naissance à l’une des voitures les plus atypiques du XXe siècle.
Présentée en 1955, la KR200 mesure moins de 2,90 mètres de long, repose sur trois roues et ne pèse qu’environ 230 kilos. Son moteur Sachs monocylindre deux-temps de 191 cm³ développe une dizaine de chevaux. Cela paraît ridicule aujourd’hui, mais grâce à son poids plume et à son aérodynamique héritée de l’aéronautique, elle est capable d’atteindre près de 90 km/h.
Produite à un peu plus de 30 000 exemplaires entre 1955 et 1964, la KR200 connaît un véritable succès populaire grâce à son prix contenu et à sa consommation minuscule.
Trois roues, un guidon et une marche arrière improbable
Sa silhouette est immédiatement reconnaissable. Les passagers prennent place l’un derrière l’autre comme dans un avion de chasse. Une immense verrière transparente s’ouvre latéralement pour accéder à bord. Plus étonnant encore, la direction s’effectue à l’aide d’un guidon plutôt qu’avec un volant traditionnel.
La KR200 regorge d’idées techniques aussi ingénieuses que farfelues. La plus célèbre concerne la marche arrière. Le moteur deux-temps peut être redémarré dans le sens inverse de rotation. Résultat : la voiture dispose théoriquement des mêmes rapports en marche arrière qu’en marche avant. Une solution aussi brillante qu’improbable, parfaitement représentative de l’esprit de cette machine.
Avec son allure de cockpit roulant, sa mécanique minimaliste et son architecture totalement atypique, la KR200 ressemble davantage à un prototype d’ingénieur passionné qu’à une véritable voiture de grande série. C’est précisément ce qui fait aujourd’hui tout son charme.
La Messerschmitt de Coluche… ou presque
L’exemplaire associé à Coluche est aujourd’hui bien documenté. Présenté à la vente par Artcurial en 2025, il est identifié comme celui utilisé lors de l’essai Nitro d’avril 1983. Son immatriculation d’époque, visible sur les photographies publiées dans le magazine, permet de faire le lien avec certitude.
Attention toutefois, rien n’indique que cette Messerschmitt ait appartenu à Coluche. Elle fait simplement partie des véhicules qu’il a eu l’occasion de piloter et qui lui ont suffisamment plu pour devenir l’une des images les plus attachantes de sa carrière de passionné de mécanique.
Ce qui rend cette voiture fascinante n’est finalement ni sa valeur ni ses performances. C’est sa philosophie. Née dans une Allemagne qui manque de tout, elle représente une approche radicalement différente de l’automobile. Peu de poids, peu de puissance, peu de consommation, mais énormément d’ingéniosité. Une voiture impossible à classer, construite en dehors des conventions, qui continue plus de soixante-dix ans après sa naissance à faire sourire ceux qui croisent sa route. Difficile de ne pas y voir un parallèle avec celui qui l’a pilotée.
Si Coluche aimait les véhicules atypiques, il aimait aussi parfois les offrir. L’exemple le plus célèbre reste la Rolls-Royce Silver Shadow offerte à Marie Bell au début des années 1970. Marie Bell est alors l’une des grandes figures du théâtre français et l’une des premières à faire confiance à Coluche. Pour la remercier, il ne choisit ni une montre ni un bouquet de fleurs. Il choisit une Rolls-Royce. Une vraie.
Sous son long capot prend place un V8 de plus de six litres. À l’époque, la Silver Shadow figure parmi les automobiles les plus prestigieuses du monde. Le geste est à l’image du personnage : généreux, excessif et totalement déraisonnable. Chez Coluche, les voitures n’étaient jamais seulement des objets. Elles pouvaient aussi devenir une manière de dire merci.

Cette Messerschmitt KR200 raconte finalement bien plus qu’une simple anecdote automobile. Elle raconte un homme attiré par les objets qui sortent du rang. Les motos de record. Les américaines démesurées. Les micro-voitures improbables. Les Rolls offertes à ses amis. Tout ce qui roulait semblait l’intéresser dès lors que cela avait une histoire à raconter.
Quarante ans après sa disparition, ce n’est peut-être pas seulement le motard ou l’humoriste qui manque. C’est cette manière de regarder le monde avec curiosité, d’embrasser l’absurde et de transformer chaque machine en aventure.
Coluche roulait comme il vivait : trop vite pour les prudents, trop libre pour les conformistes et beaucoup trop vivant pour rester dans les cases.
Le 19 juin 1986, la France perdait Coluche dans un accident de moto sur une route des Alpes-Maritimes. Depuis, tout ou presque a été raconté. La Honda de l’accident. Le record du monde établi à plus de 252 km/h sur l’anneau de Nardò. Les Harley, les américaines et sa passion bien connue pour les mécaniques à deux ou quatre roues. Mais parfois, ce ne sont pas uniquement les véhicules que l’on possède qui racontent le mieux un homme. Ce sont aussi ceux qui nous attirent. Parce qu’au fond, dis-moi ce que tu pilotes et je te dirai qui tu es. Parmi toutes les machines que Coluche a conduites au cours de sa vie, l’une d’entre elles résume peut-être mieux son caractère que n’importe quelle moto de record ou limousine américaine. Une minuscule Messerschmitt KR200, essayée pour le magazine Nitro en 1983, un engin aussi improbable que fascinant.

Dis-moi ce qu’il y a dans ton garage et je te dirai souvent qui tu es. Mais parfois, les véhicules qui nous attirent racontent encore davantage. Dans le cas de Coluche, une micro-voiture allemande à trois roues en dit presque autant sur son goût de la liberté que sa Yamaha de record.
Le record de vitesse de Coluche à Nardò et la Honda de sa disparition font partie de l’histoire. Cette Messerschmitt KR200 appartient à une autre catégorie : celle des objets roulants tellement absurdes qu’ils deviennent immédiatement attachants.

Une voiture née des ruines de l’Allemagne
Lorsque Coluche prend le volant d’une Messerschmitt KR200 pour un essai publié dans Nitro en avril 1983, la voiture a déjà près de trente ans. Pourtant, aujourd’hui encore, elle semble sortie d’un futur imaginé dans les années 1950.
L’histoire commence dans une Allemagne en reconstruction. Après la Seconde Guerre mondiale, le pays manque de tout : matières premières, carburant et moyens de transport abordables. Dans ce contexte, l’idée d’une voiture légère, économique et simple à produire prend tout son sens.
Fritz Fend, l’ingénieur qui pensait autrement
À l’origine du projet se trouve Fritz Fend, un ingénieur allemand qui travaille d’abord sur des véhicules destinés aux blessés de guerre. Son objectif est simple : créer des moyens de transport peu coûteux capables de protéger leurs occupants des intempéries tout en restant accessibles au plus grand nombre.
Son projet attire rapidement l’attention de Messerschmitt, le célèbre constructeur aéronautique allemand. À cette époque, l’entreprise n’a plus le droit de produire des avions et cherche de nouvelles activités industrielles. La rencontre entre Fend et Messerschmitt donnera naissance à l’une des voitures les plus atypiques du XXe siècle.
Présentée en 1955, la KR200 mesure moins de 2,90 mètres de long, repose sur trois roues et ne pèse qu’environ 230 kilos. Son moteur Sachs monocylindre deux-temps de 191 cm³ développe une dizaine de chevaux. Cela paraît ridicule aujourd’hui, mais grâce à son poids plume et à son aérodynamique héritée de l’aéronautique, elle est capable d’atteindre près de 90 km/h.
Produite à un peu plus de 30 000 exemplaires entre 1955 et 1964, la KR200 connaît un véritable succès populaire grâce à son prix contenu et à sa consommation minuscule.
Trois roues, un guidon et une marche arrière improbable
Sa silhouette est immédiatement reconnaissable. Les passagers prennent place l’un derrière l’autre comme dans un avion de chasse. Une immense verrière transparente s’ouvre latéralement pour accéder à bord. Plus étonnant encore, la direction s’effectue à l’aide d’un guidon plutôt qu’avec un volant traditionnel.
La KR200 regorge d’idées techniques aussi ingénieuses que farfelues. La plus célèbre concerne la marche arrière. Le moteur deux-temps peut être redémarré dans le sens inverse de rotation. Résultat : la voiture dispose théoriquement des mêmes rapports en marche arrière qu’en marche avant. Une solution aussi brillante qu’improbable, parfaitement représentative de l’esprit de cette machine.
Avec son allure de cockpit roulant, sa mécanique minimaliste et son architecture totalement atypique, la KR200 ressemble davantage à un prototype d’ingénieur passionné qu’à une véritable voiture de grande série. C’est précisément ce qui fait aujourd’hui tout son charme.
La Messerschmitt de Coluche… ou presque
L’exemplaire associé à Coluche est aujourd’hui bien documenté. Présenté à la vente par Artcurial en 2025, il est identifié comme celui utilisé lors de l’essai Nitro d’avril 1983. Son immatriculation d’époque, visible sur les photographies publiées dans le magazine, permet de faire le lien avec certitude.
Attention toutefois, rien n’indique que cette Messerschmitt ait appartenu à Coluche. Elle fait simplement partie des véhicules qu’il a eu l’occasion de piloter et qui lui ont suffisamment plu pour devenir l’une des images les plus attachantes de sa carrière de passionné de mécanique.
Ce qui rend cette voiture fascinante n’est finalement ni sa valeur ni ses performances. C’est sa philosophie. Née dans une Allemagne qui manque de tout, elle représente une approche radicalement différente de l’automobile. Peu de poids, peu de puissance, peu de consommation, mais énormément d’ingéniosité. Une voiture impossible à classer, construite en dehors des conventions, qui continue plus de soixante-dix ans après sa naissance à faire sourire ceux qui croisent sa route. Difficile de ne pas y voir un parallèle avec celui qui l’a pilotée.
Cette Messerschmitt KR200 raconte finalement bien plus qu’une simple anecdote automobile. Elle raconte un homme attiré par les objets qui sortent du rang. Les motos de record. Les américaines démesurées. Les micro-voitures improbables. Les Rolls offertes à ses amis. Tout ce qui roulait semblait l’intéresser dès lors que cela avait une histoire à raconter.
Quarante ans après sa disparition, ce n’est peut-être pas seulement le motard ou l’humoriste qui manque. C’est cette manière de regarder le monde avec curiosité, d’embrasser l’absurde et de transformer chaque machine en aventure.
Coluche roulait comme il vivait : trop vite pour les prudents, trop libre pour les conformistes et beaucoup trop vivant pour rester dans les cases.


